Quel est le premier sous-marin de l'histoire ? La réponse dépend de ce que l'on appelle « sous-marin » : le premier engin à avoir navigué sous l'eau, le premier utilisé pour une attaque, le premier à moteur ou le premier électrique. Voici les dates, les inventeurs et les machines qui ont fait l'histoire, jusqu'aux drones ROV qui inspectent aujourd'hui nos réservoirs.
En bref : le premier sous-marin de l'histoire
Le premier sous-marin à avoir réellement navigué sous l'eau est celui de Cornelius Drebbel, un inventeur hollandais qui l'a testé sous la Tamise, à Londres, entre 1620 et 1624. Propulsé par des rameurs, il plongeait à quelques mètres de profondeur. Le premier sous-marin à moteur est le Plongeur français (1863) et le premier sous-marin électrique pleinement opérationnel est l'espagnol Peral (1888).
Sommaire
- Les premiers sous-marins de l'histoire : les dates clés
- Avant le premier sous-marin : les visionnaires
- Les premiers sous-marins fonctionnels (XVIIe et XVIIIe siècles)
- XIXe siècle : moteur, électricité et premiers sous-marins opérationnels
- Le sous-marin dans les deux guerres mondiales
- Le premier sous-marin nucléaire et la guerre froide
- Le sous-marin au XXIe siècle
- Du sous-marin au drone ROV
- Questions fréquentes
Les premiers sous-marins de l'histoire : les dates clés
| Date | Sous-marin | Inventeur | Pourquoi c'est un « premier » |
|---|---|---|---|
| Vers 332 av. J.-C. | Cloche d'Alexandre le Grand | Légende | Premier récit d'observation sous-marine (mythe) |
| 1578 | Plan de submersible | William Bourne (Angleterre) | Premier plan crédible, avec des ballasts |
| 1620-1624 | Submersible de Drebbel | Cornelius Drebbel (Pays-Bas) | Premier sous-marin à naviguer sous l'eau |
| 1690-1692 | Sous-marins de Papin | Denis Papin (France) | Premiers essais de ventilation par pompe |
| 1775-1776 | Turtle | David Bushnell (États-Unis) | Premier sous-marin engagé dans une attaque |
| 1800 | Nautilus | Robert Fulton, pour la France | Premier sous-marin construit pour la France |
| 1863 | Plongeur | Siméon Bourgois et Charles Brun (France) | Premier sous-marin à propulsion mécanique (air comprimé) |
| 1888 | Peral | Isaac Peral (Espagne) | Premier sous-marin électrique pleinement opérationnel |
| 1888 | Gymnote | Gustave Zédé, d'après Dupuy de Lôme (France) | Sous-marin tout électrique de la Marine française, doté d'un périscope |
| 1899 | Narval | Maxime Laubeuf (France) | Première double propulsion (vapeur en surface, électrique en plongée) et double coque |
| 1954 | USS Nautilus | US Navy | Premier sous-marin à propulsion nucléaire |
Premier sous-marin, premier opérationnel, premier électrique : attention aux confusions
On lit parfois que le Gymnote, lancé en 1887, serait le premier sous-marin réellement opérationnel et qu'il combinait vapeur et électricité. C'est inexact sur deux points. Le Gymnote a été lancé à Toulon en 1888 et il était entièrement électrique. La double propulsion, vapeur en surface et électricité en plongée, n'apparaît qu'en 1899 avec le Narval. Quant au titre de premier sous-marin, il revient à Drebbel, près de trois siècles plus tôt.
Avant le premier sous-marin : les visionnaires
Pour beaucoup, tout commence avec le Nautilus de Jules Verne. Ce vaisseau d'acier commandé par le capitaine Nemo a marqué l'imaginaire collectif et promis qu'un jour l'homme percerait les secrets du monde du silence. Mais l'idée est bien plus ancienne.

Se déplacer sous l'eau a toujours répondu à deux désirs : explorer un monde inconnu et obtenir un avantage militaire grâce à la discrétion.
La cloche d'Alexandre le Grand (vers 332 av. J.-C.)
Selon la légende, Alexandre le Grand serait descendu observer les fonds marins dans une cloche de plongée, le « tonneau d'Alexandre » : un grand tonneau de verre ouvert vers le bas, descendu au bout d'une corde. Ce n'est pas un sous-marin, mais c'est le premier récit d'exploration sous l'eau.

Léonard de Vinci
Léonard de Vinci aurait évoqué dans ses carnets un moyen de rester sous l'eau, mais a volontairement gardé les détails secrets, conscient du potentiel destructeur de son idée.
William Bourne (1578) : le premier plan crédible
Dans Inventions or Devises (1578), l'Anglais William Bourne décrit un navire en bois gainé de cuir. Son idée clé : des ballasts en cuir que l'on comprime avec des presses à vis pour chasser l'eau et remonter, puis que l'on relâche pour replonger. C'est le principe de la gestion de flottabilité, toujours utilisé aujourd'hui.

Les premiers sous-marins fonctionnels (XVIIe et XVIIIe siècles)
Les pionniers doivent résoudre trois problèmes : avancer sans vent ni courant, rester étanche face à la pression, et surtout renouveler l'air pour que l'équipage survive.
Cornelius Drebbel (1620-1624) : le premier sous-marin de l'histoire
L'inventeur hollandais Cornelius Drebbel construit le premier sous-marin ayant réellement navigué. Il réalise plusieurs traversées sous la Tamise, entre Westminster et Greenwich, à quelques mètres de profondeur. L'engin est propulsé par une douzaine de rameurs et peut rester immergé plusieurs heures. Drebbel aurait même régénéré l'air à bord en chauffant du salpêtre, une avancée qui intrigue encore les historiens.

Denis Papin (1690-1692)
Le savant français conçoit deux modèles. Le premier, une caisse de fer pressurisée à l'air comprimé, est détruit accidentellement avant sa mise à l'eau. Le second, en forme de tonneau, utilise une pompe à air et deux tuyaux de cuir pour la ventilation. Il est pensé pour qu'un homme puisse passer un bras à l'extérieur.
Le Turtle de David Bushnell (1775-1776) : le premier sous-marin d'attaque
Pendant la guerre d'indépendance américaine, David Bushnell construit le Turtle : une coque en bois en forme d'œuf, manœuvrée par un seul homme à l'aide d'hélices à manivelle. Sa mission, fixer une charge explosive sous la coque du HMS Eagle, échoue en 1776. George Washington y voit un « effort de génie », tout en restant sceptique sur son efficacité. Le Turtle prouve pourtant qu'une attaque sous-marine discrète est possible.
Le Nautilus de Robert Fulton (1800)
L'Américain Robert Fulton construit en France le Nautilus, présenté à Napoléon Bonaparte. Le projet est abandonné quelques années plus tard, mais son nom inspirera Jules Verne.
À ce stade, une limite demeure : la force humaine. Elle bride la vitesse, l'autonomie et l'intérêt militaire du sous-marin.
XIXe siècle : moteur, électricité et premiers sous-marins opérationnels
Le XIXe siècle fait passer le sous-marin du statut de curiosité à celui de navire militaire. Tout se joue sur une question : quelle énergie peut fonctionner sans air ?
1863, le Plongeur : premier sous-marin à moteur
Conçu par Siméon Bourgois et Charles Brun pour la Marine française, le Plongeur est le premier sous-marin au monde à se passer de la force humaine. Son moteur fonctionne à l'air comprimé. L'innovation est majeure, mais le navire souffre de gros problèmes de stabilité.

1867, l'Ictíneo II : la vapeur sans air
L'ingénieur espagnol Narcís Monturiol équipe l'Ictíneo II d'un moteur à vapeur alimenté par une réaction chimique, un système anaérobie très en avance. Faute de nouveaux financements, la société de Monturiol fait faillite et le projet est abandonné.
1888, le Peral et le Gymnote : la révolution électrique
L'électricité change tout : silencieuse, elle fonctionne sans air. La même année, deux sous-marins électriques sont lancés. Le Peral, conçu par l'Espagnol Isaac Peral, navigue et tire des torpilles en plongée : il est considéré comme le premier sous-marin électrique pleinement opérationnel.

Le Peral, conçu par Isaac Peral
Le Gymnote français, lancé à Toulon, est entièrement électrique. Plutôt expérimental, il fait partie des premiers sous-marins équipés d'un périscope et sert de banc d'essai à la future flotte sous-marine française.

Le Gymnote, conçu par Gustave Zédé d'après les plans de Dupuy de Lôme
1899, le Narval : la double propulsion
Le Narval de Maxime Laubeuf combine une machine à vapeur en surface, qui recharge aussi les batteries, et un moteur électrique en plongée. Il introduit également la double coque. Le sous-marin quitte les côtes pour devenir un vrai navire de haute mer.

Le sous-marin dans les deux guerres mondiales
En s'attaquant aux lignes de ravitaillement, le sous-marin devient une arme capable d'étrangler l'économie d'un pays entier.
Première Guerre mondiale
Les U-Boote allemands mènent une guerre acharnée contre le commerce allié. En septembre 1914, le U-9 coule trois croiseurs britanniques en environ une heure. La guerre navale ne sera plus jamais la même.

L'entre-deux-guerres
La France mise sur le « croiseur sous-marin » avec le Surcouf, en service en 1934. Grand, coûteux et conçu pour combattre en surface, il perd l'atout principal du sous-marin : la discrétion. L'histoire donnera raison à la doctrine de la guerre d'usure furtive.

Seconde Guerre mondiale
- Dans l'Atlantique, les « meutes de loups » allemandes menacent les convois alliés. Churchill écrira que c'est la seule chose qui l'ait fait douter de la victoire.
- Dans le Pacifique, les sous-marins américains coupent les approvisionnements du Japon. Les sous-marins allemands auraient coulé environ 14 millions de tonnes de navires alliés, les américains plus de 4,5 millions de tonnes de navires japonais.
- Le Rubis, sous-marin mouilleur de mines des Forces navales françaises libres, coule 22 navires ennemis : l'un des palmarès les plus remarquables de la marine française.

Le premier sous-marin nucléaire et la guerre froide
Jusqu'en 1945, tous les sous-marins sont en réalité des submersibles : des navires de surface capables de plonger pour une durée limitée. Le réacteur nucléaire change la donne en fournissant une énergie quasi illimitée, indépendante de l'air.
L'USS Nautilus, lancé en 1954, est le premier sous-marin nucléaire. En 1958, il atteint le pôle Nord en passant sous la banquise arctique. Avec la production d'oxygène à partir de l'eau de mer, la seule limite devient la quantité de vivres et le moral de l'équipage.

Pendant la guerre froide, les océans deviennent un théâtre silencieux où flottes américaine et soviétique se traquent. Apparaît alors le SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engins), garant de la dissuasion par sa capacité de riposte.
Le sous-marin au XXIe siècle
Les sous-marins modernes cherchent la furtivité maximale et la polyvalence : frappes vers la terre, renseignement, déploiement de forces spéciales. Pour les sous-marins non nucléaires, la propulsion anaérobie (AIP) porte l'autonomie en plongée de quelques jours à plusieurs semaines, avec un silence exceptionnel.
- SNA (sous-marins nucléaires d'attaque) : les chasseurs de la flotte.
- SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins) : la dissuasion nucléaire, en permanence à la mer.
- SSK (sous-marins d'attaque conventionnels) : spécialistes des eaux côtières, souvent équipés d'AIP.
Du sous-marin au drone ROV
L'histoire des sous-marins habités se prolonge aujourd'hui dans la robotique. Le sous-marin français La Minerve (S647) en est un exemple marquant.

Le 27 janvier 1968, La Minerve disparaît au large de Toulon avec ses 52 marins. Pendant plus de cinquante ans, les recherches échouent. En juillet 2019, l'épave est enfin localisée par le navire Seabed Constructor, grâce à des drones sous-marins capables d'opérer à très grande profondeur. Les images ont permis de documenter l'épave et d'apporter enfin un lieu de mémoire aux familles, sans établir avec certitude la cause du naufrage.

Le HROV Ariane, robot hybride d'exploration des grands fonds
Le ROV (Remotely Operated Vehicle) est l'héritier du sous-marin. Il résout le défi historique : agir sous l'eau sans exposer l'homme. Ses atouts :
- Diagnostic précis grâce à la vidéo HD
- Intervention sans interruption, sans vidange de l'ouvrage
- Aucune exposition humaine en milieu hostile ou en espace confiné
Cette capacité d'agir en profondeur est aussi au cœur de la stratégie de la Marine nationale pour la maîtrise des grands fonds. Des câbles de communication reposent à plusieurs milliers de mètres de fond, et la stratégie ministérielle vise une capacité d'action jusqu'à 6 000 mètres : pour les surveiller, la France s'appuie sur des drones autonomes et des robots téléopérés, là où l'homme ne peut pas aller.
L'avenir de l'exploration sous-marine est robotisé
Du submersible à rames de Drebbel au robot téléopéré, quatre siècles d'innovation ont poursuivi le même but : voir et agir sous l'eau, longtemps et en sécurité.
Chez VEAD, nous prolongeons cet héritage. Chaque inspection de réservoir et chaque intervention dans un bassin technique applique directement cette quête de maîtrise du monde subaquatique, sans vidange et sans plongeur.
Questions fréquentes sur le premier sous-marin
Qui a inventé le premier sous-marin ?
Le Hollandais Cornelius Drebbel, avec un submersible à rames testé sous la Tamise entre 1620 et 1624. L'Anglais William Bourne en avait dessiné les plans théoriques dès 1578.
Quel est le premier sous-marin français ?
Le Nautilus de Robert Fulton, construit en France en 1800, est souvent cité comme le premier. Le Plongeur, lancé en 1863 pour la Marine française, est le premier sous-marin au monde à propulsion mécanique.
Quel est le premier sous-marin électrique ?
Le Peral espagnol, lancé en 1888, est considéré comme le premier sous-marin électrique pleinement opérationnel. Le Gymnote français, lancé la même année, était lui aussi entièrement électrique.
Quel est le premier sous-marin nucléaire ?
L'USS Nautilus de l'US Navy, lancé en 1954. En 1958, il a été le premier navire à atteindre le pôle Nord en passant sous la glace.
Quelle différence entre un sous-marin et un ROV ?
Un sous-marin embarque un équipage. Un ROV est un robot sous-marin piloté depuis la surface par un câble : il filme, mesure ou nettoie sous l'eau sans qu'aucune personne ne plonge. C'est la technologie que VEAD utilise pour inspecter et nettoyer cuves, réservoirs et bassins.
Notre prestation
Nos robots d'inspection subaquatique
Une flotte de ROV adaptée à chaque ouvrage, du réservoir compact au grand bassin, pilotée depuis la surface.